Vendredi 3 octobre 2008. Le jour de la fête de l'unité allemande, dixit le prof... Mais je n'étais déjà plus dans le cours, mais dans le DS de philo de 4 h qui m'attendait juste après. Une fois
l'intro finie, je laissai mes pensées errer vers 16h30, où je rejoindrais mes parents pour rallier le camp des fans de Francis, délaissant... (très furtivement) le texte de Cournot.
16h32, je lâche ma copie, frotte ma main endolorie et sors en courant, narguant les autres qui auront encore une heure à trimer sur un texte epistémologique. En route pour une heure et quart de
route, vers l'infinie et l'au-delà (qui s'appelle Caen, cet infini et au-delà). Sur les oreilles, pas de Cabrel, je me pensais déjà au point alors que je n'avais pas révisé mes textes alors que je
me l'étais promis... Oui, mais examens obligent, on ne peut pas tout avoir. J'ai le coeur qui bat vite.
17h45. Arrivée à Caen, Zénith trouvé avec une facilité déconcertante (qui a dit pour une fois?), garage rapide, empochage des Roses et Des Orties (on sait jamais, peut-être que Francis pourrait
faire quelque chose... Non?) et sprintage jusqu'au Zénith, déjà un peu bondé. Qu'importe. C'est ensuite le traditionnel relai toilette-repas-toilette-boisson qui s'instaure, pour éviter qu'on nous
vole une place chèrement acquise. Il fait... Froid à Caen.
18h30. Alors que je m'éloigne, je vois un mouvement de la foule qui s'est bien aggrandie. Zut, ils ouvrent la porte. Bon, pas le temps pour s'éloigner, il faut que je me radine vite aux côtés de
mes parents. Dur, avec un genou éraflé qui frotte contre le pantalon. Mais c'est Francis, il mérite bien que tu te fasses mal !
18h45. Ca y est on est placé. Sixième rang, dans la... dans l'espèce de fosse, remplie pour l'occasion de... sièges de réunion. Mais bon, l'avantage c'est que je suis en face du micro. Nous
remarquerons que le Zénith est en fait un gros gymnase uniquement technique. En effet, pas la place pour l'improvisation théâtrale, tout doit être réglé... Comme du papier à musique. Commence une
longue attente, peuplée d'achat de programme et d'exploration du journal.
20h. Oh, les lumières s'éteignent. Que se passe-t-il? Olivier Daguerre, un des protégés de notre cher Dieu, assure la première partie. Très agréable, textes très vrais, et finalement, ça a du
charme l'attente pour Dieu. Un petit duo de guitare basse (d'ailleurs, même si le bassiste avait un look de hard rockeur, j'admire sa prestation, étant moi-même une bassiste ratée..., tout
simplement extraordinaire.) La foule est d'abord timide, puis réceptive, notamment pour le dernier morceau.
20h32. Mon Dieu, il est en retard. La foule frémit, moi avec. Nous l'appelons désespéremment. Francis, mais où, où te caches-tu? Et voilà les lumières qui s'éteignent, ma mère qui jette à terre la
page météo de Ouest France et mon souffle coincé au fond de ma poitrine.
Francis, beau comme un... Dieu, armé de son ukulélé, et ses quatres musiciens, Denis Benarrosh, Bernard Paganotti, Eric Sauviat, Freddy et Alexandre Leauthaud. Une formation de deux guitares, une
basse, des percussions, un accordéon/harmonica/piano et un violon. Ambiance très tamisée, très, finalement, intime, même dans un zénith plein à craquer (quoique les derniers rangs devaient le
trouver un peu frigide).
Et c'est parti pour deux heures de bonheur.
Samedi Soir sur La Terre (Non, il ne pouvait pas me faire ça... Mon petit coeur était déjà suffisamment mis à mal, non?). Des roses et des orties, Assis sur le rebord du monde, les Cardinaux en
Costume, La fille qui M'accompagne... Tant de belles chansons, puisées dans son répertoire "classique" et dans son répertoire récent (sans oublier la Corrida, toujours aussi merveilleuse), et ce,
très judicieusement. Quel bonheur de redécouvrir Petite Marie aux côtés des Hommes Pareils. A chaque concert, c'est une redécouverte. Chaque formation apporte un plus à la chanson. A chaque
performance, il joue différemment. Et mon Dieu... Que tu es drôle.
Oui, car Francis instaure immédiatement une atmosphère détendue, un dialogue finalement entre lui et le public (FRANCIIIIIIIIIIIIIS FRANCIIIIIIIIIIIIIS ... *petite voix aïgue* Oui?). D'ailleurs,
honnète avec son public, il fera deux ou trois rappels. C'est à cet instant où je me suis dit, Lisa, ma p'tite, tu ferais bien de bouger tes fesses ! Et je me suis retrouvée à un mètre de lui, le
regard plein d'étoiles, jalousant la fan qui lui a offert des fleurs (haaaaaaan j'aurais dû y penser).
Malheureusement, je n'ai pas pu attendre la sortie de l'artiste... Et encore une heure trente de route, retour chez moi, le coeur battant, l'esprit confus par tant de bonheur. J'aimerais ne jamais
oublier ces instants magiques (oui parce qu'en plus quand on est en face de Cabrel et qu'il chante, on a l'impression qu'il nous regarde, alors ça donne envie de pleurer). Mais je sais pertinemment
que ce n'est pas possible et que progressivement, les souvenirs s'estomperont. Mais il me restera un programme, des vidéos et des photos (boooouh), et simplement la conviction que ce 3 octobre
dernier, j'étais un peu plus près des étoiles...